On a vu Ghost in the Shell

Par Cobain -

Dix-sept ans après la sortie du film d'animation adapté du manga culte de Masamune Shirow, Ghost in the Shell est de retour au cinéma avec une adaptation live américaine s'éloignant quelque peu du matériel original. Pour le meilleur ou pour le pire ? Voici notre avis !

Après les super-héros qui squattent les salles de cinéma et remplissent les caisses des studios américains depuis près de vingt ans, les adaptations d'œuvres populaires japonaises (mangas, animés, jeux vidéo) commencent à prendre de plus en plus de place à Hollywood. Sont ainsi actuellement en préparation des versions live américaines de Naruto, L'Attaque des Titans, Death Note, ou bien encore Gumn, sans oublier Akira dont le projet d'adaptation piétine depuis plusieurs années (et c'est peut-être mieux ainsi).

Annoncée en 2015, la version live de Ghost in the Shell, s'est quant à elle rapidement attirée les foudres d'une partie des fans, notamment lorsque Scarlett Johansson fut officialisée dans le rôle du Major. Un "whitewahsing" inacceptable selon certains qui auraient préféré une actrice d'origine japonaise pour incarner l'héroïne. En dehors de ce petit écart rapidement oublié, que vaut vraiment cette version hollywoodienne de ce monument de la culture japonaise ? C'est ce que nous allons voir tout de suite !

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Ghost in the Shell - Image 01

Quand on touche à une œuvre aussi culte que Ghost in the Shell, on ne peut pas se permettre de faire n'importe quoi. D'un point de vue visuel on peut dire que le film de Rupert Sanders s'en sort avec les honneurs, nous offrant un nouveau regard plutôt plaisant sur l'univers du célèbre manga/anime. La mégapole dans laquelle se déroule l'action nous apparaît ainsi bien plus vivante et futuriste qu'auparavant aves ses immeubles aux multiples hologrammes (rappelant parfois le Los Angeles futuriste de Blade Runner), ses couleurs vives et son gigantisme grisant.

Les versions live des différents personnages sont également une belle réussite visuellement parlant, à commencer par le Major fort bien interprété par Scarlett Johansson. Censure oblige, la droide est forcément un peu moins dénudée quand dans l'oeuvre originale, un détail qui n'enlève en rien au charisme du personnage. Bon point également pour les droides geishas (déjà apparues à l'écran dans le film d'animation Ghost in the Shell 2: Innocence) qui se révèlent aussi fascinants que menaçants. On retrouve également avec plaisir le fameux tank araignée qui donnera pas mal de fil à retordre à notre héroïne.

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Ghost in the Shell - Image 02

Malheureusement tout n'est pas aussi réussi dans cette version américaine de Ghost in the Shell. Comme on pouvait le redouter, le gap culturel entre l'Amérique et le Japon se fait grandement sentir malgré certains efforts effectués au niveau du rythme du film, bien plus lent que la plupart des autres grosses productions hollywoodienes. Et ce n'est pas la présence somme toute anecdotique du grand acteur japonais Takeshi Kitano qui changera la donne. Mais si ces nombreux moments de calme étaient fort bien exploités dans le film d'animation de 1995 (cela permettait de s'attarder plus longuement sur la psychologie complexe des personnages), ici l'ennui vient rapidement pointer le bout de son nez en raison d'un manque de profondeur fort regrettable.

Le thème de l'intelligence artificielle au centre de l'intrigue du film a été largement exploité au cinéma depuis ces vingt dernières années et apparaît aujourd'hui comme assez classique. Les interrogations du Major sur sa propre existence n'ont donc pas vraiment un grand intérêt et donnent juste envie de rapidement arriver à la prochaine scène d'action. Cette dernière prend par ailleurs énormément de place (il faut bien rentabiliser l'embauche de miss Johansson), l'histoire s'attardant sur ses origines et occultant au passage le personnage de Batou qui aurait mérité d'être plus développé.

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Ghost in the Shell - Image 03

Si la version japonaise s'offrait le luxe de présenter un méchant virtuel (il s'agissait en réalité d'un programme sans personne physique derrière), l'adaptation américaine n'a quant à elle pas pris le risque de mettre en scène un bad guy du même acabit, nous offrant à la place le personnage de Kuze (interprété par Michael Pitt), un être mi-homme mi-machine au lourd passé nous venant de la seconde saison de la série animée Ghost in the Shell: Stand Alone Complex. Un point qui résume parfaitement tout ce que l'on peut reprocher au long métrage, à savoir sa tendance à ne pas sortir des clous au risque de "choquer" le spectateur lambda (comment ça il n'y a pas de méchant, wtf ?). Un défaut d'autant plus regrettable quand on connaît le potentiel du matériel de base.

Verdict :

Visuellement réjouissant, l'adaptation live américaine de Ghost in the Shell pêche malheureusement par son manque de profondeur par rapport à l'oeuvre originale. Malgré des ajouts scénaristiques intéressants (notamment concernant le passé du Major), le film de Rupert Sanders a du mal à convaincre... Reste un blockbuster dans la moyenne des productions actuelles, suffisamment édulcoré pour s'adapter à tous les publics et offrant des scènes d'action plaisantes à l'oeil. On en attendait cependant plus pour être séduit.

Ghost in the Shell - Affiche française
https://www.youtube.com/watch?v=iylOx8HX7Pc