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Couverture de l'article Star Wars : Mark Hamill rend hommage à Carrie Fisher dans une lettre pleine d'émotion
Cinéma

Star Wars : Mark Hamill rend hommage à Carrie Fisher dans une lettre pleine d'émotion

Par Deckard le 03/01/17 à 17:30

Mark Hamill a publié une longue lettre  afin de rendre hommage à son amie Carrie Fisher disparue le 27 décembre dernier.

40 ans d'amitié ne méritaient pas "juste" un post sur les réseaux sociaux. Mark Hamill, alias Luke Skywalker dans la saga Star Wars a ainsi décidé de prendre le temps d'écrire une lettre revenant un peu plus en détails sur sa relation avec Carrie Fisher décédée le 27 décembre 2016. Publiée ce lundi par The Hollywood Reporter ce texte pour le moins émouvant nous montre une toute autre facette de l'actrice dont la carrière resta à jamais marquée par sa participation à la célèbre franchise S.F.

> À LIRE AUSSI : Un fan a créé une étoile Carrie Fisher sur Hollywood Boulevard en hommage à l'actrice disparue

Mark Hamill et Carrie Fisher sur le tournage de Un Nouvel Espoir

Carrie et moi avons occupé une place unique dans nos vies respectives. C'est comme si nous avions monté un groupe de rock dans notre garage qui, par hasard, avait cartonné. Nous n'avions aucune idée de l'impact que Star Wars aurait sur le monde.Je me souviens que nous étions en tournée promo du film juste avant sa sortie. Le temps d'arriver à Chicago, une foule s'était massée à l'aéroport. J'ai dit : « Hey, les gars vous avez vu, il doit y avoir quelqu'un de connu dans l'avion. » Je cherchais autour de moi qui ça pouvait être. Et puis dans la foule, j'ai vu un gamin déguisé avec le veston de Han Solo. Puis j'ai vu une fille habillée comme la Princesse Leia. J'ai dit, « Oh mon Dieu, regarde Carrie, il y a quelqu'un habillé exactement comme toi. Elle a la coiffure avec les macarons ! »

La première fois que j'ai rencontré Carrie, c'était à un dîner à Londres avant que nous ayons commencé à tourner ensemble. J'avais été le premier à aller en Afrique avec Sir Alec Guinness et les robots, pour tourner tous les trucs sur la planète désertique, puis je suis rentré à Londres et Harrison Ford est arrivé. Carrie était la dernière pièce du puzzle à nous avoir rejoints à Londres. J'ai donc dit à la production : « J'aimerais la rencontrer avant de travailler avec elle. » Ils ont organisé ce dîner.

Carrie Fisher et Mark Hamill sur le tournage de L'Empire Contre-attaque

Vous savez, elle avait 19 ans à l'époque. J'avais 24 ans et l'impression de connaître le monde. Alors je me disais « Mon Dieu, ce sera comme bosser avec une lycéenne ». Mais j'ai été émerveillé. Elle était si instantanément sympathique, drôle et franche. Elle avait une façon d'être si brutalement candide. Je venais de la rencontrer, mais c'était comme parler à quelqu'un qu'on connaît depuis dix ans. Elle me parlait de son beau-père, de sa mère, d'Eddie Fisher – c'était poignant de détails. Je n'arrêtais pas de me demander : « Est-ce que je suis censé savoir tout ça ? » Moi, je n'aurais partagé cela qu'avec quelqu'un que je connaissais depuis des années. Mais elle était tout le contraire. Elle vous aspirait dans son monde.

J'étais vraiment un gars de la classe moyenne. Dans mon enfance, la chose la plus proche de la célébrité que j'aie connue, c'était quand notre voisin, qui était bagagiste, a rendu à Jerry Lewis son portefeuille tombé sur le tarmac de San Diego. Mais Carrie était complètement différente. Elle avait arrêté le lycée pour faire partie des chœurs d'Irene à Broadway. J'étais tout simplement en admiration devant elle. Elle consacrait toute son énergie à la joie, au divertissement, à embrasser la vie. Elle avait en elle les qualités de Ma Tante (comédie de Morton DaCosta sortie en 1958, NDLR). Je faisais des choses folles pour l'amuser sur le tournage. La faire rire était toujours un insigne honneur.

Carrie Fisher et Mark Hamill sur le tournage du Retour du Jedi

Je me souviens que dans L'Empire contre-attaque nous étions séparés scénaristiquement ; c'était un tournage difficile et il y avait beaucoup de tensions. J'étais perdu dans les marécages avec les marionnettes et les robots, mais au moins Carrie et Harrison travaillaient avec des êtres humains. Un jour, pendant la pause déjeuner, elle m'a dit : « Tu devrais essayer ma combinaison. » « Ta combinaison blanche ? Tu fais quoi, 1,57 m ? Je ne rentrerai jamais dedans. » Elle a insisté : « Essaye juste. » J'ai enfilé cette combinaison zippée de la Princesse Leia et c'était si moulant que j'avais l'air d'un crooner de salon de Las Vegas. Comme si je n'étais pas assez ridicule, elle m'a fait enfiler un de ces masques chauves avec les cheveux de Bozo le clown, le nez et les lunettes, et m'a promené autour du bâtiment.

Ce que j'aurais fait pour l'entendre rire n'avait aucune limite. Je l'aimais et j'aimais la faire rire. Elle faisait des choses dingues et elle me faisait faire des choses dingues, mais, avec du recul, je ne crois pas que c'était si dingue au final. D'une certaine façon, c'était un mécanisme de défense pour elle. Elle était tellement en décalage, elle pouvait s'en servir comme d'une protection. Ce qui la rendait si poignante, c'était sa vulnérabilité, il y avait une lueur de petite fille si attachante en elle que ça éveillait ma nature protectrice.

Mark Hamill et Carrie Fisher à la Star Wars Celebration 2015

Je suis heureux que nous soyons restés amis et que nous ayons pu connaître ce second acte avec les nouveaux films. Je crois que ça la rassurait que je sois là, la même personne, qu'elle puisse me faire confiance, aussi critiques que nous soyons parfois l'un envers l'autre. Nous sommes passés par toute la gamme des sentiments au fil des années, nous nous sommes aimés, nous nous sommes viscéralement détestés. « Je ne te parle plus, tu n'es qu'un enfant gâté qui juge les autres ! » Nous avons tout vécu. C'est comme si nous étions une famille.

Quand vous étiez dans ses bonnes grâces, il n'y avait personne d'autre sur Terre avec qui vous auriez pu vous amuser davantage. Elle était capable de vous donner le sentiment que vous étiez la chose la plus importante dans sa vie. Je crois que c'est une qualité très rare. Et puis, on pouvait faire un virage à 180 degrés, où on était furieux l'un contre l'autre et on ne se parlait pas pendant des semaines. Mais c'est ce qui fait une relation complète. Elle n'est pas à sens unique. Comme je l'ai dit, elle était difficile. Elle demandait beaucoup d'attention. Mais ma vie aurait été tellement plus terne et moins intéressante si elle n'avait pas été l'amie qu'elle était.

Traduction : Première

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